Les résultats des votes aux primaires sont tombés et avec eux trois surprises : la participation que l’on peut qualifier de conséquente, la chute de Ségolène Royal et l’émergence de Arnaud de Montebourg.
Rappelons les scores aux dernières nouvelles :
Hollande : 38,9%
Aubry : 30,4 %
Montebourg : 17,1 %
Royal : 6,8 %
Valls : 5,6 %
Baylet : 0,6 %
La douche froide pour Ségolène Royal…
Du côté des protagonistes, bien que tous se félicitent du succès du principe, les commentaires se concentrent surtout sur leur propre résultat.
Il y a les satisfaits comme Hollande et Aubry bien sûr mais aussi Arnaud Montebourg qui se voit en arbitre du second tour, il y a ceux qui pensent justement aux recommandations de vote pour le second tour comme Valls et Baylet et puis il y a Ségolène Royal.
Grande perdante de la soirée, Ségolène Royal, à l’instar de Lionel Jospin 10 ans auparavant, n’a pas vu venir le choc et c’est émue jusqu’aux larmes qu’elle a accueillie les résultats qu’elle qualifie elle même de « très décevants ».
Arnaud Montebourg, très ancré à gauche, reste ferme quant à l’intégration dans le programme des deux vainqueurs de certaines de ses idées comme la VIème république, qui donnerait moins de pouvoir au président, et la démondialisation. Il en fait la condition siné qua non de son soutien lors de la « finale » entre Aubry et Hollande.
Afin de les départager aux yeux de ses électeurs, il a l’intention d’interroger les deux candidats vainqueurs sur les différents points qui lui tiennent à cœur et de publier les réponses.
Montebourg souhaite ainsi éviter d’apporter clairement son soutien à l’un ou à l’autre qu’il accuse conjointement d’avoir eu une attitude désobligeante à son égard lors de la campagne.
À droite on minimise…
Sur la participation, la droite apparaît clairement divisée entre un Jean-François Coppé qui minimise le nombre de votants en rappelant que cela ne représente que quatre français sur cent et un Yves Jégo qui reconnaît un succès de la participation, non sans envoyer une pique quant aux résultats qui montrent que la gauche est coupée en deux avec Aubristes d’un côté et Hollandistes (permettez moi de préférer cette dénomination en bon français chauvin plutôt que Hollandais) de l’autre.
Comme à son habitude, Marine Le Pen ne transige pas avec son franc parlé en osant affirmer que Jean-François Copé (UMP) « se ridiculise en persistant dans son attitude de mauvais joueur face au succès des primaires socialistes » mais déplore que les idées de Montebourg, avec qui elle se trouve des points de convergence, « disparaissent désormais du débat socialiste au profit du conformisme de Martine Aubry et François Hollande ».
« Le vainqueur du premier tour de la primaire socialiste est « la primaire » »
Comme le dit Arnaud Montebourg, au-delà du résultat, le vainqueur de ces primaires sont les primaires elles mêmes.
La plupart des observateurs s’accordent à considérer le fait que 2 460 000 personnes se soient déplacées pour participer à des élections qui ne sont, rappelons le, que des primaires organisées par l’un des partis de France, comme un réel succès et une surprise.
La participation aux élections nationales tendant à baisser de scrutin en scrutin, comme une preuve de lassitude des électeurs face à un sentiment de status quo réel ou non, la gauche pouvait craindre un désintérêt des français qui n’aurait rien auguré de bon pour 2012.